Même si je pars – Pierre Paul Danzin

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par | mai 20, 2017 · 10:47

L’arbre farceur

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Un album de Chae Strathie

Illustré par Poly Bernatene

Editions Chocolat !

 

T’es-tu déjà rendu où vit l’arbre farceur qui te chatouille les pieds pour te faire rire très fort ?

T’es-tu déjà servi du dos d’un grand géant, pour y glisser, joyeux, comme sur un toboggan ?

As-tu déjà parlé au grand bonbon collant en t’asseyant, tremblant, sur son ventre brillant ?

Si ce n’est pas le cas, ne t’en inquiète pas, car ce livre connaît les chemins qui mènent en ce pays…

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                                      Je sens ton impatience à t’envoler là-bas,

                                  sur un grand scarabée qui dans les airs s’élève…

Mon avis : Cet album est arrivé chez moi dans une grande enveloppe de papier krafft, comme un cadeau, et j’avais beau savoir ce qu’elle contenait, j’étais toute à la hâte de le découvrir… Sa première de couverture et son titre m’avait vivement interpellée lors de la dernière masse critique jeunesse et je me doutais déjà qu’il avait beaucoup d’atouts pour me séduire. En fait, j’en suis quasiment au coup de coeur. le récit est poétique et plein de fantaisie. Il joue sur la répétition pour créer un rythme saccadé dans la phase des questionnements à l’enfant : le point de départ est un objet ou une émotion de son quotidien – un toboggan, un gâteau, la peur, la joie – que l’auteur prend plaisir d’emplir de fantasmagorie pour faire appel à l’imagination du petit lecteur ou auditeur. Le rythme s’adoucit ensuite dans les passages où le narrateur le guide à petits pas : du pied de l’arbre farceur, on voit un village, puis on s’en approche, on y pénètre pour s’approcher d’une fenêtre qui nous laisse entrevoir un enfant couché et le livre s’achève quand nous sommes dans la chambre et que l’enfant s’assoupit. Les illustrations sur doubles pages sont superbes et les nombreuses tonalités se marient en toute harmonie : elles nous offrent des petites bouilles très sympathiques évoluant dans un univers onirique empli de magie. Alors, qu’est-ce qui me retient juste au bord du coup de cœur ? Un petit bémol au niveau du texte, le rythme saccadé étant si soutenu qu’il devient presque hachures, mettant un peu en suspend ma sensibilité personnelle. Je me trouve tout de même face à un ouvrage doudou à lire à son enfant au moment du coucher, pour l’accompagner doucement dans son sommeil et lui ouvrir tout grand la porte vers le rêve en apaisant ses craintes. Pour ma part, je le garde précieusement, comme un cadeau, quitte à en commander un autre exemplaire pour mes bacs de la médiathèque…

Public : à partir de trois – quatre ans en lecture accompagnée

Plus sur Babelio : http://www.babelio.com/livres/Strathie-Larbre-farceur/642953

Si vous voulez vous rendre sur le blog de l’illustrateur, Poly Bernatene, vous pouvez suivre cette adresse :
http://poly-bernatene.blogspot.fr/

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Classé dans Jeunesse

L’oiseau qui avait avalé une étoile

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Un album de Laurie Cohen

Illustré par Toni Demuro

Éditions La Palissade

 

Par une belle nuit douce et sucrée, un oiseau avala par mégarde une étoile… il devint alors aussi brillant qu’un diamant.

Si son plumage faisait des envieux, il n’en restait pas moins que l’oiseau était malheureux :

partout où il tentait de se poser, il était rejeté par les animaux qui redoutaient d’être repérés par leurs ennemis.

Alors, l’oiseau s’isola pour cacher ses larmes…

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Un oiseau par mégarde avait avalé une étoile.

D’un seul trait. Il était désormais plus brillant qu’un diamant.

La nuit on ne pouvait le perdre car il irradiait de mille feux.

Son plumage faisait des envieux mais pourtant l’oiseau était malheureux..

 Mon avis : Cet album au titre intriguant capte notre regard dès sa première de couverture et une illustration pleine de promesses… et ne nous lâche plus. Se présentant sous forme de conte, le texte joue sur la répétition pour nous offrir une histoire émouvante et douce nous mettant face au désarroi de celui qui peut se trouver à la fois envié et rejeté de par sa différence. Sur les trois dernières doubles pages, le récit se met au silence pour laisser toute la place à la force de suggestion des superbes illustrations qui nous ont déjà transportés jusque là. Toutes empreintes de contrastes, de grands aplats sombres et la luminescence de l’oiseau amplifient le jeu d’ombres et de lumières. Les animaux y sont très bien réalisés, avec une préférence chez moi pour les cerfs et les hérissons scan0104

et un vrai coup de cœur pour le gros plan sur la tristesse infinie de l’oiseau qui nous montre un regard poignant,

ombré de larmes, qui en dit long sur sa détresse.

Une très belle promenade au pays de la nuit et de la solitude,

un peu de magie et de mystère, une fin ouverte qui permet à chacun de laisser parler son imaginaire,

une histoire singulière sublimée par de magnifiques illustrations… que pourrais-je dire de plus…

Public : à partir de trois – quatre ans en lecture accompagnée

Plus sur Babelio : http://www.babelio.com/livres/Cohen-Loiseau-qui-avait-avale-une-etoile/757919

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Classé dans Jeunesse

Le Voyage

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d’Edmond Baudoin

Collection Ciboulette

Édition L’Association

 

Rencontrer Simon… Faire sa connaissance quand sa vie bien réglée par la routine lui donne soudain l’impression que les murs de sa maison se resserrent sur lui, que le sol de son bureau se dérobe sous ses pieds alors même que le plafond lui fait subir des pressions… alors que sa tête s’ouvre, envahie d’une multitude de contraintes dont il ne perçoit même plus le sens mais dont il sait soudain qu’il ne peut plus en supporter le carcan…
« Bonjour mon seigneur ! Beau temps aujourd’hui hein ? C’est un beau jour pour partir hein ? PARTIR… TOUT LÂCHER… »

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Et c’est le lâcher prise, une fuite en avant malgré l’amour des siens, sans but mais inexorable, la seule à pouvoir être salvatrice. Un ailleurs sans but et sans nom, un ailleurs incertain mais pour se reconstruire, ou se perdre, complètement…… un ailleurs pour aller vers la reconnaissance de soi et vivre, peut-être, enfin… Sur ses chemins de traverse, il va croiser Olivier, qui, comme lui, a un jour tout quitté et va l’inviter à partager sa vie quelques temps ; montreur de marionnettes, il adore voir briller les yeux des enfants et va de ville en ville pour essayer de faire naître cet émerveillement… il va aussi lui présenter ses amis, Marc et Léa… pour que le voyage continue… jusqu’à ouvrir de nouveaux horizons…

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Qu’as-tu appris dans ton voyage ?
Que d’aller de l’autre côté de la terre ou faire le tour de son village c’est le même voyage. Que c’est juste une question de regard.

Mon avis : Une image… juste une image… une vignette de bande dessinée ne contenant que quelques traits et courbes d’encre noire pour dévoiler des blancs d’une rare intensité… qu’y ai-je vu, cela ne s’explique pas, ou plus exactement, moi, je n’y parviens pas… mais cela a fait naître en moi une gourmandise inconnue jusqu’alors… découvrir une histoire, quel qu’en soit le début et quelle qu’en soit la fin, en sachant déjà qu’elle pourrait ne pas être ouverte et me décevoir… juste pour retrouver cet instant magique et aérien, comme dans une deuxième dimension. Alors, découvrir le mal être, et le douloureux vivre de Simon… le suivre pas à pas avec l’envie de plus en plus pressante de lui prendre la main en sachant déjà que cela serait vain… qu’il a besoin, pour lui, de suivre son chemin, et de le choisir sans influence… libre de tout enchaînement, passé, présent… et, si possible, à venir… lui faire confiance, infiniment confiance, pour qu’il n’y ait pas de gâchis, et qu’à la fin du compte… du conte devrais-je dire… il nous livre l’image du bonheur.
Jamais encore critique ne m’a semblé si difficile à exprimer, mais à mon sens je la devais à Edmoin Baudoin… peut-être aurait-il suffit que je lui dise simplement : merci, vraiment… pour tant d’émotions.

Plus sur Babelio : http://www.babelio.com/livres/Baudoin-Le-Voyage/41247

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Classé dans BD

Là où dort la lune

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Un album de Grazia La Padula

Aux éditions Marmaille et Compagnie

 

Tu sais, là où dort la lune raconte quelque chose de terrible… pendant cent nuits consécutives, la lune disparaît complètement… elle manque horriblement à tous les habitants d’Urania : leur cœur est attristé et leur esprit s’éteint lentement. Ils vont faire appel à Silver, celui qui est constamment en retard parce qu’il a toujours la tête dans les nuages, qui est prêt à voyager à travers les planètes, aller au delà des étoiles et des nébuleuses en suivant les cartes sidérales, à bord de son étrange montgolfière, pour retrouver la lune… Il a lu le livre des secrets et sait l’endroit où se cache la fabrique à idées qui donnera la clé de l’énigme……La belle boule blanche manque aussi beaucoup à une seule petite terrienne, Martina, qui ne cesse d’utiliser en vain sa formule des désirs… Ces deux-là vont se rencontrer et tout faire pour trouver une solution…

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                           Martina pensa alors intensément à la lune,

                              à tous les rêves qu’elle lui avait accordé,

                        aux magnifiques voyages faits en sa compagnie

                                     dans son sommeil la nuit venue.

                Il lui fallut toute la concentration possible, mais elle réussit :

          le grenier de la maison leva l’encre en direction de la lune perdue !

Mon avis : Imaginez…. Imaginez que pendant cent nuits consécutives vous ne trouviez plus la lune bienveillante dans votre ciel étoilé… Peut-être que vous en souffririez comme les habitants d’Urania et la petite terrienne Martina et que vous essaieriez comme eux de comprendre et de remédier à cela. C’est dans cet univers fantastique que Grazia La Padula a décidé de nous entraîner pour un voyage aussi poétique qu’onirique, auprès de deux personnages aussi attachants l’un que l’autre. De par son vocabulaire parfois un peu complexe, il conviendra d’adapter le récit pour les plus petits mais les jeunes lecteurs devraient prendre beaucoup de plaisir à la lecture de ce récit qui leur livre une bien belle histoire qui comporte plusieurs niveaux de lecture. Les illustrations l’accompagnent harmonieusement et accentuent avec délicatesse la part de rêve tout en comptant une multitude de détails sur lesquels on peut s’attarder pour s’accorder une pause tout en laissant courir notre imagination. le choix des couleurs est judicieux et ne fait que rajouter à la beauté de chaque tableau. Avec cet album idéal pour le moment du coucher on se prend à réfléchir sur l’importance des idées, de la création, des histoires et des rêves… peut-être pour que la lune ait envie de veiller sur nous chaque nuit… mais surtout pour égayer nos existences et celles de nos proches.
Un grand merci aux éditions Marmaille et compagnie et à la masse critique jeunesse de Babelio pour cette bien sympathique découverte.

Public : à partir de cinq – six ans en lecture accompagnée

Plus sur Babelio : http://www.babelio.com/livres/La-Padula-La-ou-dort-la-lune/826384

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Classé dans Jeunesse

Tous les cauchemars ont peur des bisous

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Un album de Caroline Lechevalier

Illustré par Philipine Murakami

Aux éditions Utopique

 

Charles-Edouard est un petit cauchemar qui se faufile dans la nuit des enfants pour leur faire peur et agiter leur sommeil. Mais ses parents l’ont bien prévenu : les cauchemars n’ont peur de rien… ou presque ! Leur hantise, ce qui leur donne des boutons partout : les bisous ! Il faut absolument qu’il veille à sortir de la chambre avant que les adultes n’y entrent pour réconforter leur petit-tout car au moindre bisou il se transformera en un rêve tout doux ! Charles-Edouard fait beaucoup d’efforts pour écouter ces précieux conseils mais il a un gros problème : lui, il voudrait des bisous, des tas de bisous partout… Parviendra-t-il à résister à la tentation ?

Mon avis : « Tous les cauchemars ont peur des bisous » est un album doudou pour le moment du coucher auquel même les plus petits se montreront sensibles puisqu’il dédramatise de façon toute simple ces idées noires qui viennent parfois polluer nos nuits, nous plongeant dans des sensations et faisant émerger des émotions qui peuvent perdurer quand le jour se lève. Charles-Edouard, excusez le du peu, est d’ailleurs un cauchemar auquel les enfants pourront se relier puisqu’il a lui-même des parents qui ne cessent de veiller sur lui et de lui prodiguer de sages conseils de prudence. La menace suprême étant le bisou qui rassure et console, puisqu’il transforme le pire cauchemar en rêve tout doux…

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La maman se penche doucement au dessus du lit
et embrasse tendrement son fils.
– Ce n’est rien, mon petit poussin,
le méchant cauchemar est parti !
– Pas du tout, répond l’enfant en sanglotant.
Regarde, Maman, il est encore là !
Et il lui montre le vilain petit monstre qui tend la joue
en quête d’un gros bisou.

Vous l’avez sans doute déjà compris, comme un enfant curieux, Charles-Edouard finira bien par désobéir : de son apparence Barbapapa noir sur patte, il se transformera en un enfant à tête de nuage blanc… La famille Lapin s’en trouvera toute chavirée, mais ce n’est rien à côté de ce qui attend Papa et Maman Cauchemar. Le récit, très accessible, est accompagné par des illustrations sur double page : elles accordent très savamment les couleurs utilisées au côté sombre de l’intérieur des pièces où se trouvent les cauchemars et au côté lumineux dès qu’ils ne peuvent plus sévir sur leurs pauvres victimes. Alors pourquoi ne pas essayer nous aussi d’enlacer nos cauchemars, de leur faire un doux bécou et de les regarder se transformer sous nos yeux en un moelleux nuage blanc sur lequel se reposer ;))

Public : à partir de trois – quatre ans en lecture accompagnée

Plus sur Babelio : http://www.babelio.com/livres/LechevallierMurakam-Tous-les-Cauchemars-Ont-Peur-des-Bisous/843306

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Classé dans Jeunesse

Aaron – album We Cut the Night

 

Maybe on the Moon
Peut-être sur la lune

Good old rain
Bonne vieille pluie
Is pounding on the dreamers
Qui martèle dans mes rêves
You’ve left a stain
Tu as laissé une tâche
On every single hour
À chaque heure
All the treasures found
Tous les trésors trouvés
Will vanish with the tide
Iront disparaitre avec la marée
Illusion has gone
L’illusion est partie
I’m all out of your web
Je suis piégé dans ta toile

Maybe on the moon
Peut-être sur la lune
There is a soil for the doomed
C’est un sol pour les condamnés
I should save us a ride
Je dois nous sauver de la balade
I’ll do what you want me to do
Je vais faire ce que tu voudras
I’ll lose the grip of your eyes
Je vais perdre l’attirance de tes yeux
I’ll do what you want me to do
Je vais faire ce que tu voudras
You’re the needle in my arm
Tu es l’aiguille dans mon bras

I’ll drain drain drain
Je viderai
The rivers of addiction
Les rivières de l’addiction
I dreamed I could
Je rêvais que je pouvais
Feed my veins in oblivion
Nourrir mes veines dans l’oubli
But ain’t no shelter
Mais je n’ai pas d’abri
For the years of our blindness
Pour nos années d’aveuglement
Though we’re good people
Bien que nous soyons de bonnes personnes
We’re bullets to each other wings
Nous sommes des balles dans chaque autre aile

Maybe on the moon
Peut-être sur la lune
There is a soil for the doomed
C’est un sol pour les condamnés
I should save us a ride
Je dois nous sauver de la ballade
I’ll do what you want me to do
Je vais faire ce que tu voudras
You’re the needle in my arm
Tu es l’aiguille dans mon bras

Rain rain rain
Pluie
Am I the only winner ?
Suis-je le seul vainqueur ?
In this silly game
Dans ce jeu absurde
Where tears are a trophy to gather ?
Où les larmes sont un trophée à ramasser ?
My solitude ain’t new
Ma solitude n’est pas nouvelle
I’m used to it by now
Je suis habitué maintenant
But there’s is something in the blue
Mais il y a quelque chose dans le bleu
That has faded out of my eye
Qui a disparu de mon œil

And maybe on the moon
Et peut-être sur la lune
There is a soil for the doomed
C’est un sol pour les condamnés
I should save us a ride
Je dois nous sauver de la balade
I’ll do what you want me to do
Je vais faire ce que tu voudras
You’re the needle in my arm
Tu es l’aiguille dans mon bras
I’ll do what you want me to do
Je vais faire ce que tu voudras
You’re the needle in my arm
Tu es l’aiguille dans mon bras

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